Archive | novembre 2014

Une hirondelle en automne

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Une hirondelle en automne

Une hirondelle, en automne,
Croyait qu’elle faisait le printemps.
Elle attend,
Elle s’étonne
Des couleurs si monotones,
Du mauvais temps,
Et de ne rencontrer personne
Que le vent…
Qui, soudain la désarçonne
Et la jette en avant
Dans la rivière qui moutonne.

Depuis ce temps,
Les hirondelles, qui n’aimaient pas l’automne,
Ne croient même plus au printemps.

Michel Luneau

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Mr Doctor B.

mr B

Mr B. est mon oncologue…

Je l’ai rencontré il y a presque 2 ans maintenant, et nos relations ont été particulièrement difficiles pendant pas mal de temps…

Déjà, il faut se replacer dans le contexte… Quand vous apprenez que vous avez un cancer, ce n’est pas non plus l’annonce d’une prochaine migration vers les pays chauds… Je ne comprenais pas grand-chose à toutes ses explications, au déroulement du protocole… Il employait des termes aussi inconnus pour moi que du chinois mandarin…

« Vous voyez ce que je veux dire ? » me disait il parfois… « Non, je ne vois pas »… ne pouvais je que répondre… Il prenait alors un air pas possible, pathétique à souhait et, en me fixant froidement, me sortait un truc du genre « ce n’est pourtant pas bien compliqué… » Dans ces cas là, j’avais envie de lui mettre deux claques et de sortir… J’avais fait des études de droit, moi, pas des études de médecine option cancer, option déconsidération du malade…

J’avais en tête des milliers de questions auxquelles il ne voulait jamais répondre…
« Une étape après l’autre, me répondait il à chaque fois »… Cette non réponse me froissait les plumes de façon permanente. J’étais d’une humeur massacrante à chacun de nos entretiens, et c’était tout à fait réciproque…

prise de bec
Je le trouvais très pro, certes mais aussi hautain et largement condescendant. Lorsque vous êtes malade, cette suffisante est plus que désagréable à supporter…

Lorsque j’ai commencé mes chimios, il venait, comme pour tous les malades, me voir dans mon box, après l’examen cardiologique, pour vérifier les résultats et me parler de la prochaine séance. Je ne l’écoutais même pas… Grelottante sous 3 couettes, généreusement entassées sur ma petite personne, par d’adorables infirmières, j’avoue que j’avais les neurones qui ne connectaient pas toujours… Bien souvent j’ai eu envie de lui répondre, de le contredire, de lui montrer que je n’étais pas un oiseau docile et conciliant, mais trop fatiguée, je ne pouvais le faire. Mon heure n’était pas encore venue…

Le jour de la 7ème chimio, mon andalou et moi sommes arrivés très avance. Nous avons donc été à la cafétéria. En train de siroter mon thé, j’ai aperçu une autre malade, devant un café, non loin de moi.

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Son visage me disait vaguement quelque chose… Elle par contre, a tout de suite tilté… Elle s’est approchée de nous, en me demandant « c’est la combien ? »
C’était bien une patiente de l’onco… Et c’était notre 7ème séance à toutes les deux… Nous étions chacune d’humeur très joyeuse, parce que nous savions qu’à partir de ce jour, les choses allaient être moins difficiles, les dosages étant moins lourds…

Très naturellement, nous avons évoqué Mr B… C’était également son oncologue, et elle avait sur lui, le même avis que moi…

Arrivées dans le service, les infirmières ont tout de suite senti la connivence déjà installée entre elle et moi…
« On vous installe ensemble ? »

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C’est ce jour là que tout a commencé…

Mr B. n’a pas trop apprécié lorsqu’il est entré  dans le box, de nous trouver réunies  toutes les deux… Il a demandé à l’une de nous deux de sortir, pendant qu’il regardait les résultats de l’autre… Nous avons refusé. « On reste ensemble »…

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« Cela ne va pas être PO SSI BLE » a-t-il articulé, d’un ton sec, comme un maître d’école à deux élèves indisciplinées… Nous n’avons pas cédé, et il en a été médusé… Cela a été la 1ère étape…

Et puis, est venue l’heure des complots…

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Nous avions très vite remarqué qu’après le passage de Mr B, et si tout allait bien, celui-ci partait alors du service, pour se rendre au centre de radiothérapie. Nous avions le droit, après cela, de sortir un peu du box, et d’aller notamment nous préparer un café dans la cuisine réservée aux malades…

Nous avons âprement négocié, auprès des infirmières, de sortir du service pour aller à la cafétéria. Cela a été pour nous, les moments les plus heureux de tout ce parcours… Même si nous ne disposions que de 30 minutes, nous avons vécu ces instants de liberté, de la plus belle des façons… Nous sommes devenues copines avec le personnel de l’accueil, avec la responsable de la boutique cadeaux, et plein d‘autres personnes… Nous rigolions comme deux folles échappées d’un asile… Parfois, même, nous sortions dehors, sur le parvis de l’hôpital. Mon andalou allait alors chercher notre chien, qui venait me retrouver, fou de bonheur…

Mr B. n’était pas au courant de ces escapades… C’était notre secret, et les infirmières seules savaient où nous étions.
Le temps de permission accordé, tellement attendu et précieux, était, certaines séances, largement écourté à cause de moi. Contrairement à ma copine, ma perfusion était branchée sur une pompe, pour un débit plus rapide. Si dans la vie, je suis plutôt du genre oiseau hyperactif, par contre, question écoulement dans mon Zarb, c’était vitesse escargot…

J’ai eu le malheur d’étrenner un nouveau modèle de pompe électronique, hyper sensible… A chaque fou rire, elle se déclenchait presque automatiquement, avec une alarme retentissante, et une voix désagréable qui ne cessait de hurler en continu « attention, risque d’occlusion, attention risque d’occlusion… »
Il fallait alors que je remonte, avec tristesse, en oncologie.

Un jour, alors que nous nous échappions à nouveau du service, au moment de franchir les portes battantes,

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une voix désagréable et interloquée, a retenti derrière nous…
« Mais elles vont où, ces deux là ??? » C’était Mr B, qui était toujours dans le service… Penché derrière le grand bureau en arrondi des infirmières, nous ne l’avions pas vu…

Nous n’avons pas répondu, et nous avons rejoint, presque en courant, l’ascenseur… Vous avez déjà essayé de courir, une perche de perf à la main ? Nous, nous l’avons fait, en gloussant comme des poules…

Pour être honnête, on a, ce jour là, passé nos 30 minutes d’oxygène, à nous demander si Mr B. serait encore là, lorsque nous allions remonter…

Et il était encore là, planté au beau milieu de la salle commune… En nous voyant, il est devenu rouge comme une tomate, et nous a passé une engueulée (il n’y a pas d’autre mot) monstrueuse… Devant tous les autres malades, et les infirmières tétanisées…

becNous sommes restées un peu stupéfaites, je l’avoue, mais tout de suite après, nous avons été prises d’un fou rire incontrôlable… L’alarme de ma pompe s’est alors, une fois de plus déclenchée… Mr B. a hurlé : « arrêtez moi cette pompe ! », et moi, sans attendre (et sans réfléchir aussi), j’ai aussitôt appuyé sur le OK de l’écran… J’avais tellement vu les infirmières le faire, que franchement, il n’y avait pas grand risque…

Mr B. a levé les yeux au ciel, excédé au possible… « Non mais je rêve… » a-t-il juste dit, et il est aussitôt parti, furieux comme tout…

Après cet épisode tragi comique, Mr B. n’a plus jamais été le même avec nous… Je ne sais pas pourquoi… Il a tenté de petites incursions dans le domaine de l’humour, mais malheureusement sans aucun succès. Mr B. est comme ma voisine, il n’a pas d’humour, c’est dit… Il est du genre, en plus, à être de mauvaise plume si personne ne comprend ses sous entendus comiques… Mais au moins, il a essayé… Il est devenu plus avenant et nettement moins crispant. Presque a croire que Mr B. a potassé les cours de psycho du malade, cours sur lesquels il devait avoir beaucoup de retard et de lacunes…

Mr B. a continué, néanmoins comme avant avec les autres malades, régnant sur sa petite cour de cancéreux, avec mauvaise humeur et démarche altière, comme un coq tout puissant…

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Nous n’en sommes pas au point de nous faire la bise, n’exagérons rien… Seulement voilà… Entendre Mr B. passer devant nous, grand sourire aux lèvres nous déclarer : « ça va les filles ? », c’était assez inimaginable, il y a quelques mois…

Avoir résisté à Mr B, c’est notre grande victoire, à ma copine de chimio et à moi… Cela a alimenté nos conversations pendant des mois, et au final, son changement d’humeur et d’attitude sont un beau cadeau…

Au fil du temps, j’ai fini par apprécier Mr B. Il n’a pas eu la vie facile avec nous… Lors d’une conversation récente, il m’a dit que toutes les deux, nous avions « révolutionné » le service par notre bonne humeur, et que cela en avait été profitable pour le moral des autres malades…

Je crois bien que Mr B. m’a fait le plus beau compliment du monde…

swallow cancer

Rebel Lyon…

SWALLOW

Samedi dernier, j’étais la plus surexcitée des hirondelles… A 8h15, embarquant notre chien dans le coffre (toujours un dépressif de la solitude…), nous sommes partis à Lyon…

Ce n’était pas pour une découverte de la ville. Lyon, je commence à très bien connaitre. Nous y allons 4 ou 5 fois par an depuis des lustres, pour arpenter les vieux quartiers. Nous y avons nos habitudes, et nos petits restos préférés (du genre où les touristes ne vont pas)…

Ce samedi là, c’était pour tout autre chose… L’année dernière, déjà, j’avais eu très envie de me rendre au marché des soies, mais à cause de la fatigue consécutive aux chimios, cela n’avait pas été possible.

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Il y a 3 jours, c’était donc le grand jour ! Je m’imaginais furetant dans les allées, retenant ma respiration devant les étoffes chatoyantes de grand luxe… En secret, j’espérais dénicher un petit coupon pour me confectionner un coussin haute couture… La réputation des soieries de Lyon n’étant plus à faire, je trépignais…

Arrivés dans le quartier du Palais du Commerce, il n’y avait que très peu de circulation, une chance incroyable… Il faisait un temps magnifique et la température était douce, un vrai bonheur !

Lyon

Sans chercher 2h une place de stationnement, dans ce quartier où nous n’avions pas l’habitude d’aller, nous avons trouvé de suite un parking souterrain.

PARKING LYON

Comme il était encore tôt, nous avons décidé de faire une petite promenade avec boule de poils. Dans le parking, nous avons tourné et retourné encore, pour trouver la sortie… Heureusement, nous avons enfin aperçu l’ascenseur. Une femme était devant. J’ai été très étonnée qu’elle nous lance un drôle de regard… C’est comme si elle n’avait pas vu de chien depuis des années…
Arrivés au RDC, nous sommes sortis de l’ascenseur, en continuant notre conversation, et sans regarder réellement autour de nous… Et là, le choc… Nous étions en plein milieu du magasin Monoprix… entre les cosmétiques et les sacs à main… Tout le monde nous regardait avec un air mauvais…

Grand, mais alors vraiment grand moment de solitude… Nous sommes restés là, plantés, ahuris, comme des touristes d’une autre planète, sans savoir que faire… C’était tellement inattendu et étrange, de se retrouver là, au lieu d’être dans la rue…

A ce moment là, un vigile du magasin a littéralement foncé sur nous… Le genre 1,90 de haut, sur 1,50 de large… Chouchou les grandes pattes, a commencé à grogner et à montrer les crocs… Heureusement, c’était mon andalou qui le tenait en laisse… Sentant venir le problème, je me suis alors penchée vers l’ oreille du fauve, et doucement, lui ai murmuré : « pleure, mon chien, pleure »…

Aussitôt dit, aussitôt fait… En bon élève docile et appliqué, mon chien s’est couché sur le côté, à ramené ses longues pattes vers sa tête, et s’est couvert les yeux, en gémissant bruyamment… (je n’ai pu prendre la scène en photo, mais c’était du genre de cela…)

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L’avantage d’avoir un cancer, c’est que l’on se retrouve avec beaucoup de temps libre… J’ai mis une partie de ce temps à profit pour parfaire le dressage du monstre, et lui apprendre de nombreux tours improbables et inutiles, mais qui font toujours leur petit effet, surtout devant des inconnus…

Et cela a été le cas… Les gens autour de nous, ont commencé à rigoler, et même le cerbère de service a esquissé un sourire devant le chouineur allongé… Après nos plates excuses, il nous a demandé de reprendre l’ascenseur. J’avais vu, assez près de nous de grandes portes vitrées donnant sur l’extérieur, mais il n’a pas cédé…

De retour au sous sol, impossible de trouver le fléchage pour la sortie… Une galère monstrueuse… En ultime recours, nous avons poussé une porte de sortie de secours, et là, ô miracle, nous nous sommes retrouvés dehors…

Nous avons marché un moment, profitant de cette matinée radieuse. Le Palais du Commerce était à quelques mètres, et après avoir ramené le chien, nous nous y sommes rendus.

palais du commerce

Le tapis rouge était déployé, et il n’y avait personne…

marché soie

Je me suis prise pour un oiseau princier…

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A l’intérieur, il fallait acheter un billet. Cela a été une surprise, (mais le prix d’entrée était très modique) et cela a renforcé mon idée, que j’allais voir de petites merveilles…

C’était la 1ère fois que nous entrions dans ce beau bâtiment du 19ème siècle. J’ai de suite trouvé les plafonds magnifiques et richement décorés. Rien que par le lieu, cela valait le déplacement…

palais lyon

plafond

Nous avons décidé de commencer l’expo par  la grande salle de la corbeille. Déjà, ce n’était pas du tout comme je me l’imaginais… Je ne sais pas pourquoi, je pensais y trouver de très nombreux stands, mais c’était loin d’être le cas…

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Et grande tristesse, je n’ai pas vraiment aimé. Ni les couleurs, ni les impressions… Rien de chatoyant, d’éclatant, d’étincelant, rien… De nombreux petits morceaux disposés sans vraiment de gout dans des pochettes plastiques, des coupons qui semblaient dater de plusieurs années, rien d’extraordinaire… Le tout en désordre et sans réelle  harmonie de couleurs… Des coupons accrochés sur des pendants, tels de vieilles chemises…

Rien qui prête au rêve, rien qui emporte ou transporte…

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stand

J’ai vu malgré tout un magnifique étalage de mercerie… Le problème, c’est que je n’avais pas fait 150 kms pour voir des boutons et des mètres de galons…

mercerie

galons

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La seule chose craquante que je retiens, c’est cet adorable petit sapin, décoré de porte clés pompons, mais bon…

sapin

Nous nous sommes ensuite rendus au 1er étage,

accessoires

celui des accessoires.… Et là, rien non plus d’extraordinaire. Les mêmes prix que partout, et peu d’originalité…

musée des soies

foulard soie

Je me suis retrouvée dehors, carrément dépitée, et de fort mauvaise humeur… Moi qui me faisait une telle joie de cette journée, c’était mal parti…

Nous avons donc décidé d’aller déjeuner. Il était déjà assez tard, et nous sommes restés dans le même quartier. En passant, j’ai reluqué un joli petit restaurant…

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terrasse

Un coup d’œil rapide à la carte, tout semblait bien. La terrasse extérieure était pleine, mais il restait des tables à l’intérieur… Au moment de rentrer, j’ai aperçu un serveur à l’attitude hautaine et désagréable, claquer d’un air supérieur, une corbeille de pain sur une table…

Je me suis ravisée, tant pis pour ce joli restaurant, il ne me faisait plus envie… Au bout de 3 minutes, nous sommes entrés dans un endroit plutôt sympa, à l’atmosphère décontractée, très différent du 1er…

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reto à lyon

le ballon

Des plats simples mais bons (un croustillant chèvre /miel et une délicieuse salade au vinaigre de framboise pour moi…

déjeuner Lyon

En entendant les soupirs de satisfaction de la table d’à côté au sujet des desserts, nous n’avons pas résisté : une crème brulée et une panna cotta… Les desserts les plus simples ne sont pas toujours les meilleurs, dans les restaurants, et j’en ignore la raison… Mais là, franchement, c’était absolument délicieux, même si la présentation ne le laissait pas forcément penser…

desserts

Dans l’après midi, je me suis vengée de ma matinée quelque peu gâchée, en faisant un peu de shopping, et j’ai retrouvé le sourire avec de petits achats plaisir :

Un nouveau beurrier pour remplacer celui que venait juste de casser mon oiseau rare, peu délicat avec la porcelaine…

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Une jolie nappe de fête, grise avec des motifs argentés, et deux oiseaux décoratifs à suspendre…

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Des décorations de Noël, toutes mignonnes sous cloche de verre,

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Un pull doux et moelleux à souhait avec des volants en bas, pour ressembler à une ballerine…

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Un petit foulard (et oui, j’ai quand même rapporté de la soie, mais pas de l’expo !) à pois qui va à merveille avec ma veste de la même couleur

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Un carnet et un torchon, pour une amie qui aime le noir, le blanc et les chouettes… (franchement, trouver le tout réuni, j’ai eu trop de chance…)

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Et puis cela a été le retour…

départ de lyon

retour à la maison...

Une journée mitigée mais placée sous le signe du soleil, alors…

Et vous, le marché des soies, vous connaissez ?

hirondelles soie

 

👜 Organisation 💼

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J’ai une amie, que je jalouse férocement…
Cette amie a une passion pour les sacs à main… Les sacs à main chicissimes, pour préciser… Elle a un gout exquis en la matière, je suis bien obligée de le reconnaitre. Mais ce que je lui jalouse, ce n’est pas son nombre de sacs plus ravissants les uns que les autres, mais plutôt son organisation quasi parfaite du rangement de sac…

Si vous regardiez à l’intérieur de l’un de mes sacs, vous y trouveriez l’essentiel, à savoir :
– un portefeuille
– mes clés
– mon Natel adoré (sans lui, ma vie est fichue…)
– 1 ou 2 stylos
– une mini trousse de maquillage (rouge à lèvres, poudre pressée, peigne, Travalo violet avec mon parfum préféré, et miroir)
– un paquet de mouchoirs
– un mini sac nylon plié pour des courses improvisées
– un paquet de Stimorol melon
– un étui CB et cartes de fidélités
– une plaquette de comprimés pour les maux de tète
– une paire de collants de rechange (en hiver seulement)

Et je crois bien que c’est tout… En plus, il faut bien que je l’avoue, tous ces petits trucs sont empilés joyeusement, dans un parfait désordre…

sac

Mon amie super organisée, (mais qui ne craque pas pour les Stimorol melon) elle, a tout cela dans ses sacs, bien évidemment, (« la base » selon elle…), mais en plus, une multitude d’autres petits trésors, du genre :

– un mini rouleau de scotch (un truc chouette, qui dépanne vraiment…)
– un bloc note
– un surligneur violet
– un mini spray de laque
– un mini vaporisateur d’eau minérale
– un mini spray anti bactérien
– un mini déo (j’ai pu constater qu’elle aussi adorait, tout comme moi les miniatures…)
– un truc à grignoter en cas de fringale
– un baume à lèvres
– des pansements
– des élastiques à cheveux
– un coupe ongles et une lime
– des lunettes de soleil
– une crème pour les mains
– des sticks de café soluble
– une petite bouteille d’eau

Et j’oublie surement mille choses encore ! Le pire, c’est que le contenu de son sac est rangé nickel dans un organisateur pourvu de dizaines de compartiments…

L’avantage, avec une amie de ce genre, c’est que lorsque je pars faire du shopping avec elle, pas d’inquiétude, je sais qu’elle peut parer à tout !!!

Jalouse, je suis, je vous le dis !!!

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Le pire c’est que c’est à désespérer… Certains matins, l’intérieur de mon sac est vraiment impeccablement rangé, je vous l’assure ! Je n’ai pas encore investi dans un organiseur, mais mes sacs possèdent tous des emplacements appropriés… Alors, je m’applique, comme une hirondelle écolière… Le paquet de mouchoirs dans le petit compartiment, les clés dans la mini poche qui se ferme, le Natel dans l’espace conçu pour, etc… Et, en cours de journée, je ne sais pas trop ce qui se passe, toujours est il que le soir, je retrouve le tout en vrac ! Une vraie tornade contre laquelle je ne peux lutter… Mon drame personnel, c’est que j’ai la sensation perpétuelle d’être  un véritable oiseau besogneux, qui n’est jamais récompensé de ses efforts…

J’aimerai tant, moi aussi être celle qui a tout sous son aile, celle qui dégaine la trousse de survie ou le nécessaire superflu pour tous les autres… Mais voilà, je n’y arrive pas…

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Comment vous faites, vous ???

Elegance…♛

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J’ignore si tous les chiens adoptent ce genre de position, mais le mien, systématiquement, se la joue attitude « pattes croisées », ce qui, je trouve lui confère un petit air tout à fait élégant…
Vous ne trouvez pas ?

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Star déchue…

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Ce matin, je me suis réveillée telle une star alanguie… Le cœur empli de béatitude, et les yeux émerveillés de ma bonne fortune… Ce matin, j’ai appris, que dans le plus grand des secrets, un parfum avait vu le jour, pour rendre hommage à l’hirondelle que je suis…

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Quelle star ne serait pas comblée d’un pareil honneur ?

Un parfum, c’est quand même autre chose que d’avoir ses petites ailes posées sur le Walk of Fame de Hollywood Boulevard…
Un parfum personnel, c’est un luxe inouï, poétique et magique… Une reconnaissance magistrale et triomphante venant récompenser une ascension hors norme…
Ce matin, j’ai lissé mes petites plumes blondes avec délectation, et je me suis dit qu’il n’y avait sans doute pas plus beau matin…

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Et puis, j’ai été envahie d’un doute… Un doute à vous ébouriffer les plumes pour toute la journée… Parce que je suis une star, sans nul doute, personne ne peut le contester, mais une star qui n’a pas été consultée sur LA CHOSE…

Une hirondelle en flacon, cela pouvait donner quoi ?

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Quelque chose de gracieux, assurément, quelque chose d’unique et de bon goût…
Un flacon en cristal taillé à l’image des merveilleuses créations de Lalique :

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flacon Lalique

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Ou de Julien Viard, en verre dépoli, rehaussé de laque d’or…

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Un flacon exceptionnel, glamour, et chic… Et pourquoi pas aussi un flacon approchant de celui de Nina Ricci ?

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Je n’avais aucun doute sur le flacon… Il allait me ressembler…

Pour le parfum en lui-même, rien d’extravagant : du citron, de la bergamote, un soupçon de verveine, une pincée de violette, de l’amande, un peu de rose, le tout subtilement dosé, pour une fragrance douce et fraiche… Un parfum évocateur de voyages, de soleil, de gourmandises, d’éclats de rire, d’arcs en ciel, de rosée du matin, de dragée et de mille choses encore…

Finalement, le parfum de l’hirondelle, ce n’était pas bien compliqué… Avec beaucoup d’émotion, j’ai découvert sur le net, l’œuvre d’art de ma vie…

Comment vous dire ce que j’ai ressenti ???

Un chat qui m’aurait arraché les plumes une à une, n’aurait pas fait plus de dégât dans mon cœur…

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Un flacon si moche…

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qu’il me donna envie de préparer mon baluchon au plus vite,

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et de convaincre mes copines, de devancer la prochaine migration…

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Une senteur approximative, même si certaines notes me plaisent

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et une pub dénuée de tout glamour… (je vous laisse juger, c’est à mourir…)

Voilà, ce matin, j’étais une star parfumée, pomponnée, ivre de bonheur olfactif, gonflée d’orgueil et de fierté et ce soir, comme frappée d’un mauvais sort, je ne suis plus qu’ un pauvre oiseau déchu dont les effluves de rancœur et d’amertume embaument tout le nid…
Moi qui imaginais ce parfum hors du commun, portant une signature originale, lyrique et romantique, j’en ai ai des frissons d’exaspération… Franchement, ce nom « vol d’hirondelle », c’est un peu calamiteux non ? Pour la juriste que je suis, cela prête carrément à confusion…

Et puis, c’est qui ce Laurent Mazzone, qui se cache derrière LM parfums ? Vous le connaissez, celui là ? Lui, le fou, l’insensé qui, sans me connaitre, sans effleurer ma personnalité, a pondu une fragrance atrocement onéreuse, sans savoir qui je suis, d’où je viens et où je vais…

Voilà l’histoire d’un rêve qui vire carrément au cauchemar…

Et si, sur un coup de folie, juste pour évaluer le montant astronomique des dommages et intérêts, je commandais juste un petit flacon ??????????????????????

PS : Pas folle, l’hirondelle, je prévois juste, avec mes indemnités, un achat plus approprié à mon élégance (toute relative…).

broderie hirondellesPS 2 : Et vous, un parfum à votre image, il raconterait quoi ?