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La soirée de l’oiseau…

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Quand arrive la fin de l’année, je suis d’une impatience exécrable…

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Les soirées de fête des grands hôtels sont nombreuses, mais celle dont j’attends avec le plus de hâte le carton d’invitation, c’est la soirée du Beau Rivage…

Le beau Rivage fait partie des hôtels d’exception de Genève, mais il est différent. Peut être à cause de son histoire, d’ événements particuliers en son sein, comme en 1918, dans le salon Mazarick, la signature de la création de la Tchécoslovaquie. De très nombreuses personnalités, en y séjournant régulièrement, ont donné à ce lieu un âme toute particulière et incomparable…

C’est au Beau Rivage que Sissi impératrice d’Autriche, qui séjournait dans sa suite habituelle, est décédée, en 1898, après avoir été poignardée sur la rive du lac. Une vitrine expose certains de ses effets personnels, et je regarde ses accessoires, qui ont traversé le temps et les modes, avec toujours beaucoup d’émotion…

vitrine Sissi

C’est également au Beau Rivage qu’en 1872, dans ses salons, s’est réuni longuement le tribunal arbitral au sujet de l‘«affaire Alabama».
Franklyn et Eleanor Roosevelt, qui descendaient toujours à Beau Rivage, lors de leur séjour helvétique, y ont ébauché la charte des Nations unies. C’est aussi dans cet hôtel, que Sotheby’s en 1987, organisa la vente fabuleuse des bijoux de la princesse de Windsor, dans le salon de Brunswick.
Cet hôtel mythique qui mêle Histoire et histoires, a pour particularité d‘être resté depuis ses origines, au sein de la même famille. C’est probablement pour cette raison qu’il se distingue des palaces plus contemporains, très beaux, certes, mais sans ce supplément d’âme…

Voilà pourquoi, j’aime tant la soirée de fin d’année du Beau Rivage…

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L’année dernière le thème en était : « la maison magique » et l’ambiance très « Alice au pays des merveilles » était surprenante, inattendue et singulière… Un vrai bonheur pour les yeux…

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Autant dire que dès le mois de novembre, je ne cesse de minauder, comme une enfant gâtée, auprès de mon oiseau rare, avec des désespérés : « dis, tu crois qu’on va être invités ? » Parce que tout le problème est là… Ce n’est pas moi, qui suis invitée, mais Mr Oiseau…
Notez que je mets ma susceptibilité et mon égo de côté pour vous confier la chose

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Moi, je ne suis que celle qui remplit avec reconnaissance éternelle, le petit coupon réponse, en notant mon nom, avec une écriture appliquée à la mention « viendra accompagné de… », dépose le tout dans l’enveloppe jointe, et hop, à la Poste… Au fil des années, je me suis dit qu’un jour, peut être, c’est Mme Hirondelle que l’on inviterait, accompagnée de Mr, mais rien à faire… Je fulmine en secret, sans rien laisser paraitre de ce désespoir bien puéril… Tant pis, l’important, c’est d’en être…

Je ne suis pas particulièrement attirée par le luxe, du moins, c’est ce que je m’évertue à dire et redire…

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Mon oiseau rare pouffe discrètement lorsque j’énonce cette vérité… Ce qu’il y a, et cela n’est pas de ma faute, c’est que cette soirée, elle me convient parfaitement… Des lumières douces, une déco féerique, des petites choses délicates à se mettre le bec, de la poésie, de la magie, une vraie bulle de luxe discret et jamais ostentatoire…
De toute façon, le 1er qui affirme que ce genre d’évènement est tout à fait inutile, je lui réponds que c’est entièrement vrai, mais que moi, l’hirondelle avec 21 chimios dans les plumes, j’ai le droit maintenant d’aimer prendre du bon temps, de considérer les futilités comme importantes, et l’envie d’exhiber mes VRAIS cheveux qui heureusement atteignent maintenant une longueur présentable…

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Et toc… (j’ai remarqué  d’ailleurs, que parler du cancer, cela rend muet n’importe quel interlocuteur désagréable… Finalement, être malade comporte quand même quelques avantages…)

Ce n’est d’ailleurs pas pour les buffets que j’aime tant me rendre à cette soirée annuelle. Tout y est excellent et recherché, mais je suis du genre oiseau rassasié après 3 sushis, et en plus je ne coûte pas bien cher en petites bulles, je n’aime pas l’alcool…

Non, c’est vraiment pour le plaisir des yeux… La déco qui m’inspire, la présentation des plats, la mise en valeur du thème, et aussi, et surtout la possibilité, en étant accompagnée du personnel si gentil de l’hôtel, d’avoir accès aux plus belles suites… Celle de Sissi, et les autres… Contempler le lac la nuit, des derniers étages, admirer les extraordinaires créations florales, s’étonner des dernières innovations hi tech côtoyant les meubles anciens signés, etc.…

Cette année donc, je frémissais dans l’attente du fameux sésame, et il est arrivé… Avec pour thème « le jardin féerique »… Pour un oiseau comme moi, c’était surement le plus beau des présages…

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L’angoisse est alors arrivée… Qu’est-ce que j’allais donc bien me mettre sur les plumes ? C’est fou cela, comme dans ces cas là, on regarde son dressing d’un œil vide et morne… Ce truc là, non, pas la bonne couleur, cette robe, pas assez chic, pas la bonne coupe, pas la bonne taille, pas la bonne forme, pas la bonne longueur… Des tonnes de prétextes finalement à l’achat de LA robe pour la soirée du Beau Rivage… Cette année, je suis contente, j’ai trouvé ma tenue en quelques minutes… Essayage et achat immédiat… Pas d’allées et venues hésitantes, pas de doute, pas de questionnement… Le coup de cœur instantané…

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Parce que oui, vous l’avez compris, il faut être la plus belle, surtout si on a la chance de gagner à la tombola et de recevoir son prix devant tout le monde…

Le mot « tombola » vous évoque quelque chose ? Non, parce que moi, pendant des années, j’ai vécu un vrai supplice avec ce genre de chose… Si vous avez des enfants, alors vous voyez surement de quoi je parle…

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Chaque fin d’année scolaire, c’était le bonheur… La fin de la surveillance des devoirs, de la révision des trucs stupides en math.… Tout le monde ne pensait qu’aux vacances, au soleil, et accessoirement à la fête de fin d’année… C’était un moment chouette, la fête de fin d’année… Moi j’aimais beaucoup faire des gâteaux, et les décorer avec amour… Je me rendais même toujours disponible pour mettre en place les activités, tenir un stand de pêche à la grenouille, ou faire le ménage, le soir venu… Pleine de bonne volonté l’hirondelle, pleine de sourires attendris… Sauf que cela ne suffisait pas à m’épargner l’angoisse de la tombola… Le jour de la tombola, c’était sympa, ça… Les petits billets tirés au sort, les lots parfois carrément miteux, la joie des enfants de gagner un truc infâme sponsorisé par le commerçant du coin… Le problème c’était la vente des billets… Chaque bambin se voyait remettre 1 ou 2 carnets complets, à vendre à des âmes charitables… Et ce truc, proposé, imposé par les maitresses d’école, me rendait furieuse… Parce que vous voyez, vous, des petits hauts comme 3 pommes, déambuler dans le quartier, les billets à la main ? Trop la honte… Si encore j’avais eu de la famille à côté, cela aurait rendue la chose moins douloureuse, mais ce n’était pas le cas… Malgré tout l’enthousiasme du monde, il ne m’était pas possible de quémander aux collègues ou au voisins, l’achat de ces maudits billets… J’ai pourtant essayé, mais je me suis vite rendue compte que ce n’était pas mon truc…

J’avais donc, pour m’épargner la boule au ventre devant des refus plus ou moins polis, appliqué une méthode expéditive mais onéreuse, celle de financer tous les billets… Quelques jours après la remise des carnets, je les brandissais vides, en m’écriant : « j’ai tout vendu » ! Odieux mensonge (mais à moitié quand même, puisqu’ils étaient néanmoins vendus…) et en passant par là même, pour la mère de famille la plus dévouée du monde…

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Le jour de la tombola, par contre, je n’en menais pas large, croisant les plumes pour que 2 numéros successifs ne soient pas tirés au sort… Cela n’a jamais été le cas, et personne n’a découvert mon infamie… En même temps, je suis bien certaine que les enseignantes n’étaient pas dupes, et que je ne devais pas être la seule à se résigner à ce douloureux subterfuge…

La tombola du Beau Rivage, heureusement, n’est en rien comparable, ouf… Les invités présents se voient remettre à leur arrivée un petit carton à leur nom, déposé dans l’urne…

Voilà, rien à faire, rien à acheter, juste à attendre le tirage au sort, pour des cadeaux n’ayant rien à voir avec un flambant stylo 4 couleurs…

Cette année, les lots étaient très alléchants :

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Je n’ai pas fait partie des heureux gagnants, mais peu importe, la soirée était exceptionnelle…

 Le hall, paré de fleurs et de lumière donnait le ton…

 Les salons avaient été pourvus de tonnelles, de fauteuils  en mousse, et de balancelles végétales…

Il y avait de grandes lanternes partout, un vrai jardin extraordinaire…

Des bougies et de jolies lampes, pour une ambiance tamisée et apaisante,

Et d’incroyables petites choses salées ou sucrées…  Toutes délicieuses, aux saveurs originales, un vrai délice pour les papilles…

En outre les traditionnelles cuillères, verrines et autres, j’ai pu déguster de petites préparations chaudes, servies dans de jolies petites assiettes et des couverts en argent trop mignons…  Des cuisiniers en grande tenue, avec devant eux de grosses marmites en fonte posées sur des plaques chauffantes, proposaient des assortiments savoureux, pour ravir tous les palais, y compris les végétariens. J’ai donc pu goûter des ravioles à la truffe blanche, des gambas à la citronnelle, des morilles avec une crème de courge, un espuma de châtaigne avec des girolles, et du bar en croute de sel. Mon andalou, lui, a craqué (maudit soit il…) pour du chevreuil aux airelles, et du lièvre à la royale.

Quelques heures d’enchantement plus tard,

enchantement

je suis repartie dans ma rolls ma citrouille, loin des lumières de cette soirée, mais avec un cadeau de consolation…
Et oui, vous le savez peut être, je suis une hirondelle parfaite, mais avec beaucoup de (petits) travers, dont celui d’adorer les cadeaux gratuits ! Et, ô grand bonheur, la soirée du Beau Rivage, se termine toujours par un cadeau… Un cadeau personnel, ce qui veut dire, deux cadeaux si vous venez en couple ! C’est toujours avec une délectation de matou devant un verre de lait…

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que je découvre ledit cadeau…

cadeau hirondellina
Pour garder un peu de mystère, je ne vous dévoilerai pas le contenu de cette année ! Il faut bien que je me garde quelques petits secrets !…

Voilà, pendant cette soirée, j’ai été une fille hirondelle cancéreuse, transformée en une fée avec une jolie robe, éblouie devant tant exubérance végétale…

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Pendant cette soirée, j’ai aussi oublié toute ce cauchemar, pour ne retenir que la magie de ce moment inoubliable, en espérant m’envoler très vite à nouveau, vers les lumières scintillantes du Beau rivage…

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Mr Doctor B.

mr B

Mr B. est mon oncologue…

Je l’ai rencontré il y a presque 2 ans maintenant, et nos relations ont été particulièrement difficiles pendant pas mal de temps…

Déjà, il faut se replacer dans le contexte… Quand vous apprenez que vous avez un cancer, ce n’est pas non plus l’annonce d’une prochaine migration vers les pays chauds… Je ne comprenais pas grand-chose à toutes ses explications, au déroulement du protocole… Il employait des termes aussi inconnus pour moi que du chinois mandarin…

« Vous voyez ce que je veux dire ? » me disait il parfois… « Non, je ne vois pas »… ne pouvais je que répondre… Il prenait alors un air pas possible, pathétique à souhait et, en me fixant froidement, me sortait un truc du genre « ce n’est pourtant pas bien compliqué… » Dans ces cas là, j’avais envie de lui mettre deux claques et de sortir… J’avais fait des études de droit, moi, pas des études de médecine option cancer, option déconsidération du malade…

J’avais en tête des milliers de questions auxquelles il ne voulait jamais répondre…
« Une étape après l’autre, me répondait il à chaque fois »… Cette non réponse me froissait les plumes de façon permanente. J’étais d’une humeur massacrante à chacun de nos entretiens, et c’était tout à fait réciproque…

prise de bec
Je le trouvais très pro, certes mais aussi hautain et largement condescendant. Lorsque vous êtes malade, cette suffisante est plus que désagréable à supporter…

Lorsque j’ai commencé mes chimios, il venait, comme pour tous les malades, me voir dans mon box, après l’examen cardiologique, pour vérifier les résultats et me parler de la prochaine séance. Je ne l’écoutais même pas… Grelottante sous 3 couettes, généreusement entassées sur ma petite personne, par d’adorables infirmières, j’avoue que j’avais les neurones qui ne connectaient pas toujours… Bien souvent j’ai eu envie de lui répondre, de le contredire, de lui montrer que je n’étais pas un oiseau docile et conciliant, mais trop fatiguée, je ne pouvais le faire. Mon heure n’était pas encore venue…

Le jour de la 7ème chimio, mon andalou et moi sommes arrivés très avance. Nous avons donc été à la cafétéria. En train de siroter mon thé, j’ai aperçu une autre malade, devant un café, non loin de moi.

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Son visage me disait vaguement quelque chose… Elle par contre, a tout de suite tilté… Elle s’est approchée de nous, en me demandant « c’est la combien ? »
C’était bien une patiente de l’onco… Et c’était notre 7ème séance à toutes les deux… Nous étions chacune d’humeur très joyeuse, parce que nous savions qu’à partir de ce jour, les choses allaient être moins difficiles, les dosages étant moins lourds…

Très naturellement, nous avons évoqué Mr B… C’était également son oncologue, et elle avait sur lui, le même avis que moi…

Arrivées dans le service, les infirmières ont tout de suite senti la connivence déjà installée entre elle et moi…
« On vous installe ensemble ? »

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C’est ce jour là que tout a commencé…

Mr B. n’a pas trop apprécié lorsqu’il est entré  dans le box, de nous trouver réunies  toutes les deux… Il a demandé à l’une de nous deux de sortir, pendant qu’il regardait les résultats de l’autre… Nous avons refusé. « On reste ensemble »…

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« Cela ne va pas être PO SSI BLE » a-t-il articulé, d’un ton sec, comme un maître d’école à deux élèves indisciplinées… Nous n’avons pas cédé, et il en a été médusé… Cela a été la 1ère étape…

Et puis, est venue l’heure des complots…

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Nous avions très vite remarqué qu’après le passage de Mr B, et si tout allait bien, celui-ci partait alors du service, pour se rendre au centre de radiothérapie. Nous avions le droit, après cela, de sortir un peu du box, et d’aller notamment nous préparer un café dans la cuisine réservée aux malades…

Nous avons âprement négocié, auprès des infirmières, de sortir du service pour aller à la cafétéria. Cela a été pour nous, les moments les plus heureux de tout ce parcours… Même si nous ne disposions que de 30 minutes, nous avons vécu ces instants de liberté, de la plus belle des façons… Nous sommes devenues copines avec le personnel de l’accueil, avec la responsable de la boutique cadeaux, et plein d‘autres personnes… Nous rigolions comme deux folles échappées d’un asile… Parfois, même, nous sortions dehors, sur le parvis de l’hôpital. Mon andalou allait alors chercher notre chien, qui venait me retrouver, fou de bonheur…

Mr B. n’était pas au courant de ces escapades… C’était notre secret, et les infirmières seules savaient où nous étions.
Le temps de permission accordé, tellement attendu et précieux, était, certaines séances, largement écourté à cause de moi. Contrairement à ma copine, ma perfusion était branchée sur une pompe, pour un débit plus rapide. Si dans la vie, je suis plutôt du genre oiseau hyperactif, par contre, question écoulement dans mon Zarb, c’était vitesse escargot…

J’ai eu le malheur d’étrenner un nouveau modèle de pompe électronique, hyper sensible… A chaque fou rire, elle se déclenchait presque automatiquement, avec une alarme retentissante, et une voix désagréable qui ne cessait de hurler en continu « attention, risque d’occlusion, attention risque d’occlusion… »
Il fallait alors que je remonte, avec tristesse, en oncologie.

Un jour, alors que nous nous échappions à nouveau du service, au moment de franchir les portes battantes,

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une voix désagréable et interloquée, a retenti derrière nous…
« Mais elles vont où, ces deux là ??? » C’était Mr B, qui était toujours dans le service… Penché derrière le grand bureau en arrondi des infirmières, nous ne l’avions pas vu…

Nous n’avons pas répondu, et nous avons rejoint, presque en courant, l’ascenseur… Vous avez déjà essayé de courir, une perche de perf à la main ? Nous, nous l’avons fait, en gloussant comme des poules…

Pour être honnête, on a, ce jour là, passé nos 30 minutes d’oxygène, à nous demander si Mr B. serait encore là, lorsque nous allions remonter…

Et il était encore là, planté au beau milieu de la salle commune… En nous voyant, il est devenu rouge comme une tomate, et nous a passé une engueulée (il n’y a pas d’autre mot) monstrueuse… Devant tous les autres malades, et les infirmières tétanisées…

becNous sommes restées un peu stupéfaites, je l’avoue, mais tout de suite après, nous avons été prises d’un fou rire incontrôlable… L’alarme de ma pompe s’est alors, une fois de plus déclenchée… Mr B. a hurlé : « arrêtez moi cette pompe ! », et moi, sans attendre (et sans réfléchir aussi), j’ai aussitôt appuyé sur le OK de l’écran… J’avais tellement vu les infirmières le faire, que franchement, il n’y avait pas grand risque…

Mr B. a levé les yeux au ciel, excédé au possible… « Non mais je rêve… » a-t-il juste dit, et il est aussitôt parti, furieux comme tout…

Après cet épisode tragi comique, Mr B. n’a plus jamais été le même avec nous… Je ne sais pas pourquoi… Il a tenté de petites incursions dans le domaine de l’humour, mais malheureusement sans aucun succès. Mr B. est comme ma voisine, il n’a pas d’humour, c’est dit… Il est du genre, en plus, à être de mauvaise plume si personne ne comprend ses sous entendus comiques… Mais au moins, il a essayé… Il est devenu plus avenant et nettement moins crispant. Presque a croire que Mr B. a potassé les cours de psycho du malade, cours sur lesquels il devait avoir beaucoup de retard et de lacunes…

Mr B. a continué, néanmoins comme avant avec les autres malades, régnant sur sa petite cour de cancéreux, avec mauvaise humeur et démarche altière, comme un coq tout puissant…

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Nous n’en sommes pas au point de nous faire la bise, n’exagérons rien… Seulement voilà… Entendre Mr B. passer devant nous, grand sourire aux lèvres nous déclarer : « ça va les filles ? », c’était assez inimaginable, il y a quelques mois…

Avoir résisté à Mr B, c’est notre grande victoire, à ma copine de chimio et à moi… Cela a alimenté nos conversations pendant des mois, et au final, son changement d’humeur et d’attitude sont un beau cadeau…

Au fil du temps, j’ai fini par apprécier Mr B. Il n’a pas eu la vie facile avec nous… Lors d’une conversation récente, il m’a dit que toutes les deux, nous avions « révolutionné » le service par notre bonne humeur, et que cela en avait été profitable pour le moral des autres malades…

Je crois bien que Mr B. m’a fait le plus beau compliment du monde…

swallow cancer

👜 Organisation 💼

bag

J’ai une amie, que je jalouse férocement…
Cette amie a une passion pour les sacs à main… Les sacs à main chicissimes, pour préciser… Elle a un gout exquis en la matière, je suis bien obligée de le reconnaitre. Mais ce que je lui jalouse, ce n’est pas son nombre de sacs plus ravissants les uns que les autres, mais plutôt son organisation quasi parfaite du rangement de sac…

Si vous regardiez à l’intérieur de l’un de mes sacs, vous y trouveriez l’essentiel, à savoir :
– un portefeuille
– mes clés
– mon Natel adoré (sans lui, ma vie est fichue…)
– 1 ou 2 stylos
– une mini trousse de maquillage (rouge à lèvres, poudre pressée, peigne, Travalo violet avec mon parfum préféré, et miroir)
– un paquet de mouchoirs
– un mini sac nylon plié pour des courses improvisées
– un paquet de Stimorol melon
– un étui CB et cartes de fidélités
– une plaquette de comprimés pour les maux de tète
– une paire de collants de rechange (en hiver seulement)

Et je crois bien que c’est tout… En plus, il faut bien que je l’avoue, tous ces petits trucs sont empilés joyeusement, dans un parfait désordre…

sac

Mon amie super organisée, (mais qui ne craque pas pour les Stimorol melon) elle, a tout cela dans ses sacs, bien évidemment, (« la base » selon elle…), mais en plus, une multitude d’autres petits trésors, du genre :

– un mini rouleau de scotch (un truc chouette, qui dépanne vraiment…)
– un bloc note
– un surligneur violet
– un mini spray de laque
– un mini vaporisateur d’eau minérale
– un mini spray anti bactérien
– un mini déo (j’ai pu constater qu’elle aussi adorait, tout comme moi les miniatures…)
– un truc à grignoter en cas de fringale
– un baume à lèvres
– des pansements
– des élastiques à cheveux
– un coupe ongles et une lime
– des lunettes de soleil
– une crème pour les mains
– des sticks de café soluble
– une petite bouteille d’eau

Et j’oublie surement mille choses encore ! Le pire, c’est que le contenu de son sac est rangé nickel dans un organisateur pourvu de dizaines de compartiments…

L’avantage, avec une amie de ce genre, c’est que lorsque je pars faire du shopping avec elle, pas d’inquiétude, je sais qu’elle peut parer à tout !!!

Jalouse, je suis, je vous le dis !!!

jalouse

Le pire c’est que c’est à désespérer… Certains matins, l’intérieur de mon sac est vraiment impeccablement rangé, je vous l’assure ! Je n’ai pas encore investi dans un organiseur, mais mes sacs possèdent tous des emplacements appropriés… Alors, je m’applique, comme une hirondelle écolière… Le paquet de mouchoirs dans le petit compartiment, les clés dans la mini poche qui se ferme, le Natel dans l’espace conçu pour, etc… Et, en cours de journée, je ne sais pas trop ce qui se passe, toujours est il que le soir, je retrouve le tout en vrac ! Une vraie tornade contre laquelle je ne peux lutter… Mon drame personnel, c’est que j’ai la sensation perpétuelle d’être  un véritable oiseau besogneux, qui n’est jamais récompensé de ses efforts…

J’aimerai tant, moi aussi être celle qui a tout sous son aile, celle qui dégaine la trousse de survie ou le nécessaire superflu pour tous les autres… Mais voilà, je n’y arrive pas…

organisation

 

Comment vous faites, vous ???

Hop Suisse !

swiss bird

Voilà, c’est le grand jour…

Toute la ville ne parle que de cela, dans les journaux, dans les rues, dans les magasins… Même les poubelles ont les couleurs du pays, avec leur petit slogan d’encouragement…

hoppppppppp !!!

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Alors coq plumé, ou non ?????????????????????????????????????

hopp

HOP !

L’ art de séduire

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Ce matin, je me suis levée à l’aube, de fort bonne humeur… Déjà, il y avait du soleil, et pour une petite hirondelle cancéreuse, c’est sans doute, le meilleur remède…

Je me suis activée comme une  fourmi laborieuse, et à 10 h, trop fière de moi, la maison était digne d’une revue de déco… Ménage fait, coussins du canapé alignés au millimètre (je suis tendance oiseau manique…), gros bouquet d’iris et de mimosa sur la table du salon, et tarte aux poires/amande sortie du four…

J’en suis bien certaine, un producteur serait passé par là, il se serait cru devant Bree van de Kamp dans une scène de Desperate housewives…

J’allais me poser, tranquillement devant un thé, lorsque la cloche a retenti… Devant ma porte, une apparition plutôt déplaisante… Une femme, avec un bonnet carrément moche, et de grosses bottes de neige, l‘air passablement revêche… Déjà, première surprise, je ne m’étais même pas rendue compte, qu’il commençait à neiger… Et puis, franchement, sortir les bottes de neige aux 1ers flocons, je trouve cela carrément anti glamour…

Retenant avec peine ma boule de poils qui lui aboyait dessus avec vigueur, d’un ton sec, elle se présente comme ma voisine, me désignant de la main sa maison. Je lui demande 2 minutes, pour aller enfermer le molosse, qui montre les crocs… Je reviens à ma porte, et, parce que je suis un oiseau poli, et qu’il neige, la prie d’entrer… Je vois bien qu’elle me dévisage avec un air bizarre… En passant devant le grand miroir de mon entrée, je m’aperçois que je n’ai pas mis mes faux cheveux, mais l’un de mes foulards préférés, rose, avec de petites libellules… Oups, tant pis, je suis une cancéreuse qui s’assume ! (enfin, parfois…)

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Pas de chance, la créature aux allures de Madame Noël au rabais, se plante, sans bouger, sur mon beau tapis d’amour…

Petite parenthèse concernant ce tapis, je l’avoue humblement, c’est une erreur… Une grosse erreur même… Lorsque je l’ai vu, j’ai eu un soupir d’envie irrésistible… Ce tapis, avec ses textures différentes, et ses mèches en cuir, serait parfait pour notre entrée… Et, esthétiquement, il est réellement parfait… Douillet, cosy, et tout doux… Sauf que, et ma moitié d’oiseau n’avait cessé de me le répéter, avec un chien joueur, ce n’était peut être pas l’achat idéal… Plutôt mourir que de le reconnaitre devant lui, mais il avait raison… 3 jours après sa mise en place, je retrouvais déjà, de petits bouts de cuir déchiquetés…

Donc, ma voisine en question commence à dégouliner au beau milieu de mon œuvre d’art couvre-sol… Je vois avec angoisse, les flocons fondre doucement, et se répandre un peu partout… Le contraste est plutôt saisissant, entre mes petites ballerines chaussons à cœurs, et ses gros machins, qui font office de chaussures…

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Pour ménager mes nerfs, je la fais avancer dans le salon, et là, elle commence à m’expliquer que sa visite, qui n’a rien d’une visite de courtoisie entre voisins, concerne son beau, son extraordinaire gazon, pourri, détruit, par mes herbes folles… J’avoue qu’au début, j’ai un peu de mal à comprendre… Déjà parce que mon jardin n‘est pas limitrophe du sien, et que je ne vois pas vraiment comment les pissenlits pourraient s’amuser à saute mouton… Elle insiste, encore et encore, avec un air hautain, me faisant comprendre sans ménagement, que si, moi aussi, j’avais la chance d’avoir un gazon comme le sien, je serai également mécontente…

Une idée me passe par la tête, en l’écoutant… Tout à coup, mon esprit divague… Je suis à Las Vegas, je suis la reine du poker, et c’est le plus gros coup de ma vie… Je l’entraine vers ma baie vitrée, soulève rapidement le voilage, et lui susurre : « Mais moi aussi, j’ai du gazon… »

La pauvre femme en devient presque verte… Je vois bien qu’elle menace de s’étrangler… Parce que devant ses yeux, entre deux parties de terrasse, s’étend une étendue de gazon, d’un  vert sublime, d’un vert de ciboulette fraiche, de pâturages sous la pluie, entretenu, tondu, bref, un gazon 5*, recouvert d’une très fine couche de neige poudreuse…

Elle commence alors à balbutier quelques excuses inaudibles, du genre : « oh, pardon, de loin je ne voyais pas… »

Je lui assène le coup de grâce :  » Mais quels soins apportez vous, à votre gazon ??? « 

Elle me regarde inquiète…  » des soins ???  » Et là, je lui sors ma science infuse en la matière, lui vantant pendant de longues minutes, les bienfaits du scarificateur… Mon harpie de voisine se fait toute humble… Elle me regarde comme une pro, qui distille ses bons conseils, avec une âme généreuse d’hirondelle partageuse… Elle bredouille : « oui, oui, je vais m’acheter un scarificateur… »

Pour l’achever, je lui dit qu’elle a bien raison, mais que « moi, voyez vous, avec mon cancer, je n’ai plus trop le temps »… C’est le coup fatal… J’ai répondu, d’un seul trait, à ses interrogations silencieuses concernant mon foulard sur la tête… Elle semble tout honteuse, et moi, je jubile un peu, intérieurement…

Et puis, lors de la discussion, elle pivote, de l’autre côté du salon, et aperçois ma cuisine…
« Oh mon dieu, quelle cuisine !  » Je bois du petit lait, comme mon chat, les yeux mi clos… Je glousse et reglousse en silence… Ma cuisine, c’est ma fierté, la réflexion de près d’un an. Dessinée par mon chéri, selon mes envies et mes besoins, et réalisée par un archi, ma cuisine, c’est mon 7ème ciel à moi… Alors, tout gentiment, je lui propose un café…

Elle est désormais plus avenante, ma voisine… Elle sourit même… Je lui sors mes tasses préférées, deux anciennes tasses anglaises, dénichées par mes parents, dans une vente aux enchères, pour justement fêter la nouvelle cuisine… Deux tasses avec des hirondelles… Je la vois qui lorgne du côté de ma tarte aux poires… Elle accepte une petite part… Elle est encore plus gentille, surement à cause de la saveur délicate des poires fondantes tout justes tièdes… « C’est vous qui l’avez faite ??? » « Oui, j’ai donné congé à ma cuisinière, pour cause de neige »…

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Je vois bien qu’elle médite sur ce que je viens de lui répondre… Ma voisine n’a pas le sens du répondant, c’est embêtant… Elle n’a pas non plus le sens de l’humour, c’est dit… et c’est cruellement un point négatif, à mes yeux…

Mon chien s’est échappé du cellier. Une fois de plus, il a réussi à ouvrir la porte… Un vrai singe malin, celui là… Il tourne et retourne autour des jambes de la voisine, lui faisant mille amabilités… Flattée à mort, ladite voisine, surtout lorsque je lui dit que « chouchou les grandes pattes » a ses têtes, et n’aime pas grand monde… C’est faux, mais elle le croit… Chouchou se fait plus câlin, et entame une vraie opération séduction… Elle lui grattouille les oreilles, il exulte… Moi, je connais par cœur ma boule de poils… Son cinéma, la patte droite tendue, puis la gauche, sa façon de regarder en coin, de faire le beau, tout cela, c’est juste pour récupérer un bout de tarte… La voisine est conquise, à genoux, devant tant d’amour désintéressé…

chouchou hirondellina (400x300)

Nous continuons à papoter, et, en partant, elle m’assure que la prochaine fois, le café, c’est chez elle…

Une fois partie, je téléphone à mon homme, et lui raconte cette épisode hallucinant, en hurlant de rire…

« Et maintenant, on fait quoi ? «  ajoute t-il… Heu, je ne sais pas…

Non, parce qu’il ne faudrait pas non plus que je devienne trop copine avec ma voisine… Un café par ci, un thé par là, et cela va nous mener irrémédiablement à l’été… Et l’été prochain, la voisine, il faudra bien que je l’invite à prendre une petite douceur dans le jardin… Et là, elle risque fort d’avoir une attaque…

Parce qu’en fait, mon beau gazon, c’est toute une histoire…

Mon chien a probablement été terrassier, ou  creuseur de piscine, dans une vie antérieure… Le jardin en a donc largement pâti, surtout devant la baie vitrée du salon… Ne supportant plus cette vision d’horreur, nous avons décidé de lui interdire cette partie, en installant un grillage provisoire… Du coup, mon courageux mari a bêché toute cette partie, et planté du gazon…

C’ est ce  qu’a vu ma voisine…
Si son regard s’était porté à droite ou à gauche des pans de la terrasse, elle aurait très probablement distingué des mauvaises herbes, du joli trèfle, et des petites fleurs de pissenlit, et j’aurais eu droit à une leçon de morale parfaitement inadaptée, à ma bonne humeur du jour…

Je n’ai pas suivi le cursus universitaire « ray grass and cie… » et franchement, je n’y connais pas grand-chose en pelouse… Sauf que, sauf que, mes parents, eux, ont un gazon exceptionnel, entretenu avec amour et des millions de cubes d’eau, grâce à la rivière qui traverse la propriété… Une pelouse digne d’un green, qui fait pâlir d’envie tout le comté…

Grâce à cette expérience familiale, j’ai, heureusement, assuré devant ma voisine…

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Et si je m’inscrivais à un tournoi de poker ??????????????

cartes oiseaux

Voisins…

swallowsIl y a des voisins charmants, d’autres encombrants… Des voisins qui vous racontent leur vie, comme ça, sans raison, ou d’autres qui vous apportent des légumes de leur jardin, par pure gentillesse…

Les voisins, il est parfois difficile de faire avec, mais encore plus difficile de faire sans…
Je l’avoue, j’ai de la chance, j’ai toujours eu d’excellents voisins… Certains sont même devenus des amis…

J’ai quand même un voisin un peu particulier… Enfin, pas le voisin de la maison juste à côté, mais suffisamment proche pour être néanmoins qualifié de voisin… Ce voisin, je l’ai gardé, même après mon déménagement, il n ‘y a pas si longtemps… D’où l’intérêt de changer de nid, sans trop s’éloigner quand même…

Ce voisin est adorable, parait-il… Du genre voisin idéal… Souriant, avenant, ouvert à la discussion, et plein d‘humour… Cela me contrarie fort, (vraiment très fort…) parce que moi, ce voisin en question, je ne l’ai jamais rencontré, jamais… Pourtant, ce n’est pas faute de passer près de son cottage, d’aller boire un café dans son repaire, ou de tendre l’oreille, pour connaitre mieux ses petites habitudes…

Cela amuse beaucoup mon homme, ce petit jeu de mon éternelle question:  « tu as rencontré le voisin ???  » Non, parce que le pire, c’est que moi, je me donne un mal d’oiseau, à essayer de croiser sa route, alors que mon andalou, sans aucun mal, tombe dessus, de temps en temps…

Et puis, il n’y a pas longtemps, j’ai eu droit à la petite question qui fâche : « mais tu lui dirais quoi, si tu le rencontrais ? « 

Grosse angoisse… Que lui dire, effectivement, en pareille circonstance ???

Le problème, c’est que mon voisin, Phil, est du genre connu… Ce n’est pas vraiment un problème au fond, parce que des voisins connus, j’en ai plein, mais c’est toujours plus délicat à aborder, un voisin connu, lorsque l’on a aucune envie de passer pour une pie curieuse…  Mon si discret voisin, je l’aime depuis longtemps, même avant que nous devenions voisins… Mais ce n’est pas parce que j’ai plein de trucs de lui, dans mon ipod violet, que cela me donne de l’imagination, pour l’aborder avec tact et intelligence…

De quoi lui parler, donc, à ce voisin qui m’intrique par son invisibilité ?

Après multiples réflexions, j’ai bien eu quelques petites idées :

– lui proposer de profiter de ma carte de rabais personnel chez Jumbo, dans le cas où il serait intéressé par l’achat d’une nouvelle tondeuse… (pitoyable…)

– lui offrir les services de mon chien, dit « chouchou les grandes pattes », pour creuser une nouvelle piscine… Non, parce que c’est vrai, je vous l’assure, ce n’est pas un chien, que j’ai, c’est une armée de taupes… (navrant…)

– lui apporter mon aide juridique, pour se protéger des paparazzis indésirables (il n’y en a malheureusement aucun en vue…)

– lui parler musique… C’est une bonne idée, ça, de lui parler musique, technique, tablatures… Sauf que si mon andalou, excellent guitariste, n’est pas à mes côtés à ce moment là, je risque un grand moment de solitude…

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– lui avouer que mon homme a comme référence musicale, son copain Peter Gabriel, au registre (selon lui…) beaucoup moins « commercial », mais que moi, c’est lui, Phil, que je défend toujours… (affligeant…)

– lui confier que je trouve son petit grain de voix absolument sexy… (ça fait proposition indécente…)

– l’inviter à la fête des voisins, en lui proposant de venir déguster l’une de mes délicieuses tartes, en en lui précisant que mon oiseau rare, chante à tout bout de chant champ que je suis « la reine des tartes » ! (consternant…)

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– lui demander carrément un autographe… Le genre de truc qui ici ne se fait pas, et dont, d’ailleurs je serai bien incapable…

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– lui parler de la météo, de mes géraniums, de mon envie folle de palmier, de mes erreurs, parfois, en matière de tri dans le composteur, de la vie, de l’amour, de mon cancer, de mon addiction à tout ce qui contient de l’amande, du prochain match de hockey que je me réjouis d’aller voir, de mon restaurant préféré, ou de tant d’autres banalités à pleurer…

Finalement, tout bien réfléchi, un voisin invisible, c’est carrément rassurant !… Pas de conversation à soutenir et aucune crainte de passer pour une harpie inquisitrice…

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Tant pis, peut être qu’un jour, qui sait, sans y penser, il sera là, devant moi, et je ne le verrai même pas, perdue dans mes pensées, et une chanson de lui à mes oreilles…

Shopping mode repérage…

?????

Ce matin, profitant d’un petit rayon de soleil, et alors qu’il n’avait que peu de RV professionnels, je me suis vue proposer une petite virée à Balexert, par mon andalou…

Pour ceux qui ignorent de quoi il s’agit, Balexert est un centre commercial, mais un truc vraiment grand, parait-il, le plus important, en fréquentation, de toute la Suisse… On y trouve des enseignes très diverses, de confection, de déco, de cosmétiques…, des restaurants, un centre médical, et un cinéma. J’ai la chance qu’il soit situé tout près de chez moi, mais, pour être honnête, en raison, justement de sa taille immense, nous n’y allons que pour le ciné, et sinon,  dans les 3 cas suivants :

– lorsque mon oiseau rare n’a plus rien à se mettre, ce qui arrive à peu près tous les 5 ans…
– lorsque je n’ai plus rien à me mettre, ce qui arrive approximativement tous les 12 mois 6 mois…
– lorsque mon andalou a une idée en tête…

Ayant été chez Manor récemment (Manor est mon grand magasin chouchou, parce que j’y trouve justement toutes mes marques préférées, avec peut être un peu moins de choix, mais dans un cadre plus petit, plus cosy, et donc plus humain…), je me suis un peu étonnée de cette envie subite de shopping, sachant que, comme une grande majorité masculine, mon homme rechigne au maximum à se rendre, dans ce temple de la futilité…

Néanmoins trop contente d’une distraction, bienvenue, entre la séance de rayon journalière, et les chimios qui s’enchainent, hop hop hop, j’attrape mon sac à main, et en un rien de temps, nous nous retrouvons, devant les vitrines, joliment décorées…

D’un pas assuré, mon homme se dirige vers une enseigne, que je n’ai pas l’habitude de fréquenter, et là, un sourire, me vient aux lèvres…

A l’intérieur du magasin, personne… C’est juste l‘ouverture, et il est bien agréable, d’arpenter les rayons, en toute tranquillité. Nous sommes abordés par une gentille et jolie vendeuse, brune aux cheveux longs, toute mince et souriante, qui se démène pour dénicher un vêtement qui saura me plaire… Et elle trouve !

Un trench, classique mais revisité, avec ses ganses en cuir,

trench (300x400) et une veste courte grise, avec une capuche fourrée, que je trouve bien jolie, avec ses fermetures originales…

veste grise (300x400)

Mon homme décide que les deux me vont très bien, et nous nous retrouvons à la caisse… Une carte de fidélité gratuite nous est proposée. J’accepte, sans vraiment réfléchir, et nous donnons notre nom et notre adresse. La jeune vendeuse note le tout, sans sourciller.

Nous sortons de l’enseigne, ravis (surtout moi…), et allons prendre un petit café, pour discuter, notamment, de notre fils…

Notre fils… Amoureux… Attention, pas amoureux juste comme ça… amoureux vraiment visiblement, sérieusement, même…… Du genre à renouveler sa garde robe, à aller chez le coiffeur 2 fois par mois, à se regarder dans la glace, pour vérifier son look, à investir dans un parfum qui sent réellement bon, et à envisager, enfin,  de passer son permis, pour épargner à sa belle, de faire le taxi pour lui…

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L’élue de son cœur, nous ne la connaissons pas… Elle vient justement cette semaine, jeudi soir, pour une petite fondue…
Nous avons juste vu une photo d’elle, mais toute petite, et un peu floue…
Nous avons  juste appris qu’elle est brune, avec des cheveux longs, et toute mince… Ah oui, nous savons également, qu’elle travaille dans un magasin de confection pour femmes, à Balexert…

Jeudi soir, on va vraiment, mais alors vraiment, avoir l’air malin…

crazy-bird